Au pré de la ferme 2020 : 2 visites programmées au mois de Mars

La champignonnière d'Allenc et le Gaex balez nous ont ouvert leurs portes

« Au pré de la ferme », une opération pour connecter les restaurants et les producteurs

 

En cette 2éme semaine de confinement, il est utile de rappeler que nos fournisseurs lozériens de produits alimentaires sont au travail et sont très soucieux de l'avenir de leur activité (baisse de consommation alors que certaines bêtes ou produits sont à maturité, risque de gaspillage,…). Alors que la majorité des repas sont pris à domicile, c'est l'occasion de découvrir la production locale et de la soutenir.

Agrilocal, c'est une connexion directe entre les établissements assurant la restauration collective et les fournisseurs locaux. Et parce que la communication doit être efficace, rien ne remplace la rencontre en face à face ! Cette année, 24 départements sur les 36 adhérents d'Agrilocal ont organisé des visites de fermes pour aller à la rencontre des fournisseurs et échanger sur le mode de production, les contraintes des uns et des autres et les débouchés possibles. En Lozère, deux visites ont été proposées les 10 et 12 Mars 2020.

 

Mardi 10 Mars : Champignonnière Au Mas Renouard à Allenc

Ce mardi 10 Mars est prévue la visite de la champignonnière d'Allenc, au lieu-dit le Mas Renouard.

Dans un corps de ferme très ancien datant du 17ème siècle, Emmanuelle Javelaud nous accueille. Elle est arrivée il y a quelques années en Lozère dans le simple but de s'installer au « vert », venant de la région parisienne. Son projet d'activité de champignonnière a mûri au fil des mois, et a vu le jour il y a un peu plus d'un an. Une première pour la Lozère !

Aujourd'hui la production est totalement maîtrisée et rentrée en mode routinière pour les champignons de Paris et les pleurotes. La particularité de ces champignons est qu'ils ne sont pas «poussés » et sont donc très fermes et se conservent très longtemps. Ils ne font l'objet d'aucun traitement, mais ne sont pas labellisés en Agriculture Biologique (AB) car le substrat utilisé n'est pas lui-même labellisé. « Cela demanderait que le cheval mange bio pour que son fumier soit également bio ! » nous explique Emmanuelle.

Une nouvelle production est à l'essai : les endives. Bien au chaud et sur le substrat recyclé des champignons, les endives montent. Elles ont un goût particulier, que nous avons quasiment oublié...

Les produits sont disponibles à la Maison des paysans, chez le primeur du Soubeyran à Mende, au Panier de Maya à Marvejols, à la Grange à St Chély d'Apcher, sur les marchés de Langogne, La Canourgue et Millau. On peut également les déguster au restaurant : la Cantine, Récréathé, la Safranière, et chez Pasta blues. (à prévoir une fois que le confinement sera terminé!)

Dès le démarrage de l'activité, les champignons ont été proposés sur la plate-forme Agrilocal48. Les commandes sont encore un peu timides mais Mme Gomes, chef cuisinière au collège du Bleymard et présente à la visite avait concocté le jour même un sauté de veau aux pleurotes aux collégiens. Les élèves ont apprécié.

Une livraison était également prévue pour l'école de Rimeize, qui sera bien entendu reportée compte tenu du contexte actuel...

Emmanuelle nous confie sa meilleure recette avec les pleurotes : faire revenir des échalotes, puis les pleurotes, déglacer au vin blanc, assaisonner et arroser de crème fraîche jusqu'à hauteur… Recette réalisée dès le soir pour ma part, et déglaçage au vin rouge, un délice !

 

Jeudi 12 Mars : Charcuterie de la SARL BALEZ au lieu-dit les Faux, commune de Recoules de Fumas.

C'est la SARL au grand complet qui accueille ce jour là une délégation composée de M. Robert Aigoin, Conseiller départemental en charge de l'Agriculture, de Delphine Oustry de Lozère Développement en charge de la marque DE LOZERE, d'Odile Jalaguier de la mission Agriculture et moi-même, animatrice de la plate-forme Agrilocal48.

4 membres de la famille sont associés. Car si beaucoup connaissent M. André Balez, toujours jovial, et son épouse Michèle, présents au marché le samedi matin à Mende, moins connaissent leur fille Christine et son mari Fabien Moulin. C'est donc à quatre qu'ils ont créé la SARL en 1998 pour la partie transformation et vente. Le Gaec concerne l'élevage.

André et Michèle n'ont pas toujours élevé des porcs. Cette activité annexe s'est développée d'abord pour « mettre du beurre dans les épinards », puis la famille a fait le choix d'installer une porcherie et a démarré la transformation avec un atelier construit dans l'ancienne grange dans le début des années 90. Au départ ils abattent 2 cochons par semaine, puis 180/an, puis 200… Aujourd'hui ce sont 1 000 porcs abattus par an.

Côté traçabilité, l'élevage maîtrise toute la chaîne. De la naissance jusqu’à la vente en passant par la transformation. Seul l'abattage est confié à l'abattoir d'Antrenas, dont ils sont très contents : « C'est un outil formidable pour la Lozère « dit André Balez.

Les cochons sont nourris aux céréales dont une partie vient de l'exploitation. Ils ne sont jamais traités aux anti-biotiques. A 6 mois environ, le porc pèse environ 110 kg et part à l'abattage.

A l'étape de la transformation, les 4 membres de la famille travaillent ensemble et chacun a sa spécialité. Un boucher travaille à mi-temps pour la découpe. Ensuite Christine choisit les morceaux qui seront destinés à la saucisse et aux fricandeaux, la ventrèche, sac d'os, et autres conserves pour lesquelles Michèle est aux commandes. Aucun conservateur, colorant ou autres additifs n'est utilisé pour l'ensemble des produits.

Les produits sont disponibles dans les grandes surfaces et ils assurent les marchés de Mende (samedi matin), Marvejols (samedi matin), St Chély (jeudi matin) et Florac (dimanche matin pendant la période estivale). Un espace de vente à la ferme permet également d’accueillir les visiteurs. Inscrits sur Agrilocal, les commandes peinent à arriver car le tarif est parfois dissuasif. Mais c' est le prix de la qualité et le prix juste. « Il y a un énorme potentiel avec la loi Alimentation ou Egalim. De plus en plus d'établissements vont se tourner vers des productions locales et durables. » nous confie Fabien.

Et ce n'est pas tout ! Outre les porcs, la famille élève également 150 Vaches Aubrac allaitantes. Là encore, Agrilocal pourrait également permettre un débouché auprès d'établissements soucieux de consommer une viande locale de qualité.

Fabien Moulin a également orienté l'exploitation vers les énergies renouvelables et notamment le photo-voltaïque. Ce sont d’énormes investissements. Toute l'électricité produite est revendue et distribuée sur le réseau. Ainsi les surfaces des toitures sont exploitées.

Pour la méthanisation, le lisier n'étant pas assez rentable et les apports nécessaires de matières organiques trop importants, ce projet a été abandonné. Mais le travail ne manque pas, il faut penser également à l'entretien de l'ensemble des bâtiments d'élevage.

Christine, élue sur sa commune a mené avec son équipe la réhabilitation du patrimoine des différents villages. Un magnifique four à pain accueille les visiteurs devant l'exploitation mais Christine souhaite également rendre plus attractive l'entrée de l'exploitation par un aménagement paysager. Quand à l'avenir, il apparaît serein. En effet les deux fils de Christine et Fabien, William et Anthony Moulin se destinent également au métier d'agriculteur.

 

Carine BONNET animatrice d'Agrilocal48

Le 23/03/2020